La Belgique désarmée !


Après des décennies d’abandon, voire de destruction des fonctions régaliennes : justice, police défense, la Belgique se retrouve, aujourd’hui, bien démunie alors même que l’état est menacé par le terrorisme islamiste, que nos troupes combattent à l’étranger, protègent les points sensibles de nos villes et que les fonctions Défense et Sécurité sont plus indispensables que jamais.

Selon des experts, qui doivent rester anonymes, vu leurs fonctions dans la Fonction publique, l’armée belge n’a aucune réserve et ne pourrait, en aucune manière, encaisser un choc ou effectuer un déploiement de moyenne durée, que ce soit à l’intérieur du pays ou à l’étranger. Merci à André Flahaut (PS), Joëlle Milquet (CDH) et consorts !

Les 3 derniers gouvernements ont achevé de détruire notre Défense… Nous avions, jusqu’après la fin de la guerre froide, à la chute du Mur de Berlin le 9 novembre 1989, une réserve de 60.000 hommes, formés et entraînés. La structure traditionnelle était que l’armée régulière couvrait la défense à l’extérieur du territoire et était complétée de l’armée de réserve, la DMT (Défense Militaire du Territoire), les deux organisées en bataillons et en régiments, l’un en support de l’autre. Tout cela a été démantelé. L’armée a toujours été sous-équipée, mais nous avions le parapluie de l’OTAN. D’autres payaient pour nous.

Les dernières grandes manœuvres de l’armée de réserve datent de 1989. Déjà à l’époque, une formation au combat anti-terroriste était organisée. Mais le savoir-faire a depuis été dispersé. En 1991, la conscription a été suspendue (et pas supprimée, ce qui permettait au gouvernement de le décider simplement par Arrêté royal). Aujourd’hui, nous ne pouvons quasiment plus rien aligner. André Flahaut a dissous l’armée de réserve et les « nouvelles réserves » sont squelettiques. Tout a été supprimé ou abandonné.

Aujourd’hui, la Belgique peut aligner 3.000 hommes pendant 4 jours ! Ces hommes sont, certes, compétents, entraînés. Ils sont passés par le Liban, le Kosovo, le Bénin. Mais, il n’y a aucune profondeur dans le dispositif. Les repos sont indispensables. Et puis, les régiments n’ont plus de matériel roulant. L’entrepôt central contient le matériel de la « composante Terre » de notre Défense, mais vu la réduction des coûts, c’est insuffisant.

Sachez, par exemple, que nos soldats qui gardent les points névralgiques à Bruxelles et en province ont des gilets pare-balles prêtés par les Américains (500 gilets prêtés dans le cadre OTAN). Merci pour eux, André Flahaut !

La marine a deux frégates et peut garder les ports, la force aérienne est relativement bien équipée, le renseignement civil et militaire est excellent mais manque de monde. En fait, la grande perdante des « restructurations » successives, c’est l’armée de terre. Nous n’avons plus d’infanterie, plus de fantassins, pas de réserve, rien.

Nos militaires, nos policiers chargés de la lutte contre le terrorisme font, pour l’instant, 60 heures par semaine. Ils sont fatigués. Ils donnent le change. Combien de temps cela durera-t-il ? La défense de l’état belge est un décor en carton-pâte et les ministres de la Défense, qui se succèdent, ne pensent qu’à faire des économies. Jusqu’au prochain attentat…

C’est pour cette raison que le Parti Populaire propose de reconstituer une réserve nationale, sous forme d’une garde civique, comme elle existait jusqu’à la première guerre mondiale. Pour cela, il faut un gouvernement volontariste qui fasse autre chose que d’expédier les affaires courantes en chipotant sur les budgets à la marge…

L.R.

Source : http://lepeuple.be

Publié le 17-12-2015